mardi 1 février 2011

En tête à tête avec Papa

Le week-end dernier a été l'occasion d'une grande première. Mon papa m'a gardé. Seul...Maman avait décidé de se prendre deux petits jours de repos et de détente avec ses amies, dans un coin de verdure plutôt connu, à ce qu'on m'a dit. Non pas qu'elle ne me supporte plus, au contraire! Mais parfois ça fait du bien de faire autre chose. Et elle faisait totalement confiance à Papa pour le relais.

C'est vrai, depuis ma naissance, Maman s'occupe beaucoup de moi. En fait, elle est là pour moi 24h/24h. Et toujours avec la même énergie et le même plaisir. Papa lui, s'absente régulièrement. Et certains jours il ne peut profiter de moi qu'un court instant. Ils appellent ça le travail...Il parait que ce n'est pas le seul à en être victime.

C'est pourquoi ce n'est pas sans émotions qu'il s'est occupé de moi le temps d'un week-end. Des émotions diverses et intenses, il faut bien le dire. Dès le début, je l'ai senti un peu tendu. Je crois qu'il appréhendait cette expérience. Bien qu'il me donne régulièrement à manger, me change et m'endort, le plus souvent d'ailleurs avec succès et sérénité, l'idée de cette rencontre seul à seul l'a quelque peu angoissé. Et s'il n'y arrivait pas? Si je me mettais à hurler sans raison alors que je ne l'ai jamais fait? S'il se trompait.

C'est pourtant avec confiance qu'il entamait ce tête à tête. Après mon gros biberon du matin, un premier change très volumineux (assez rare pour lui!), et hop, je lui facilite la vie je me rendors. Il a alors pu bien préparer la suite. En fin de matinée, nouveau biberon. Puis papa profite de mon réveil pour me donner le bain. Souvenez-vous, c'est lui qui m'avait donné le premier bain de mon existence. Mais depuis, il n'avait eu que très peu l'occasion de le faire. D'ailleurs à ce propos, je m'éclate à prendre des vrais bains avec maman. L'eau c'est top! Pour papa, ce fut plus rapide. Je crois que le manque d'habitude l'a empêché d'en profiter pleinement. Mais bon j'étais propre, c'est le principal! Ensuite, le reste de la journée s'est déroulé parfaitement même si papa s'est bien rendu compte que s'occuper d'un petit bébé comme moi, ça prend beaucoup beaucoup de temps! Eh oui, il n'a pas pu faire tout ce qu'il voulait!

C'est vers la fin de l'après midi que j'ai senti le stress monter. Alors que tout se passait bien jusque là, Papa s'est tout à coup crispé. C'était l'heure...de la sortie de Baloo. Qui dit promener le chien, dit m'emmener. Eh oui! Ce n'était pas possible autrement. Sauf que, pour m'emmener, la solution envisagée était de me porter avec l'écharpe. Le seul petit souci, c'est que papa ne l'avait jamais fait, et qu'il ne s'était pour ainsi dire pas entraîné...

 S'ensuit alors une longue séance tragi-comique de "mettage" et de "démettage" d'écharpe. Premier essai : je pleurs. On enlève l'écharpe. Deuxième essai : je pleurs encore plus fort! On enlève l'écharpe. Pendant ce temps, Baloo s'impatiente! A chaque mouvement significatif, il crois que l'heure est enfin arrivé! Je me calme. Troisième tentative : je pleurs! Papa commence à craquer. Il se dit qu'il n'arrivera jamais à aller promener ce pauvre chien que va se faire dessus et inonder tout l'appartement...

Alors il tente une manœuvre désespérée : une autre écharpe. Il m'avait déjà porter avec celle-ci, mais il y a déjà bien longtemps. C'est une écharpe différente, plus simple à mettre en place. Mais dans le stress et la précipitation, il n'arrive pas. Abandon. Que faire? La situation devient vraiment problématique. Chaque fois que papa me met dans l'écharpe je pleurs. Pourquoi? L'écharpe est-elle mal mise? Suis-je trop serrée?

Papa tente alors une parade : le biberon. Enfin, il a compris! Après 30 ml, je m'endors lourdement et devient complétement "écharpable"! C'est gagné. 1h30 après le début des hostilités, papa est dehors, Emma bien (mais pas assez, il manque encore d'entraînement) serrée contre lui, et Baloo peut enfin se soulager. D'ailleurs, tout le monde est soulagé...Quel épisode!

La balade est un peu raccourcie. Mais tout se passe bien. Juste après, rendez-vous chez des amis, pour un petit repas. Là aussi, tout se passe bien, sauf un petit passage où papa a mis un certain temps à comprendre qu'il fallait me changer la couche. Ah, vivement que je sache parler!

Ouf, la journée est finie. Le lendemain matin, zut! Il faut...aller promener Baloo. Nouveau stress, nouvelle péripétie. Mais cette fois-ci papa montre plus d'assurance et avec obstination me maintient en position dès la deuxième tentative. Victoire, je m'endors rapidement. Allez Papa, encore un peu d'entraînement et l'écharpe sera parfaitement serrée.

C'est quand même avec soulagement que papa accueille le retour de maman. Il s'est bien rendu-compte qu'elle faisait beaucoup de choses en son absence, et le tout avec une facilité déconcertante. Mais bon, maman a plus l'habitude. Il savait déjà qu'elle assurait, mais ce petit week-end lui a bien confirmé. Bravo Maman, et merci :-)

Bon avec tout ça je ne vous ai pas parlé des très bons moments passés avec Papa. J'adore lui faire des sourires, et lui parler. Même si pour le moment ma conversation se résume à des aheuuuuuuu, ou encore aaahhheuu, et aussi aaheeeeeeeeu (j'en passe). Mais il me répond, toujours. C'était super d'être avec lui tout le temps et je ne crois pas me tromper en disant que c'est réciproque. Dites, n'ai-je pas l'air heureuse là?

(je précise juste que la petite girafe à côté de moi est une amie. Ce n'est pas mon papa.)

Je ne regrette absolument pas ce petit week-end en tête à tête (et mon petit doigt me dit que papa non plus), car, il faut bien le dire, des moments privilégiés avec papa, ça n'a pas de prix...

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